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Incendies AK2 – Des Ponts-de-Cé à Saint-Nazaire : l’ammoniac, un composé chimique qui n’a pas fini d’étonner

by / Aucun commentaire / 5 Vue(s) / 21 juin 2018

Hier dans l’après-midi, les sites de l’entreprise chimique AK2 de Saint-Nazaire et des Ponts-de-Cé ont été victimes d’incendies. Bien qu’ils soient sous contrôle, les deux sites sont détruits. Au vu de l’enchaînement des événements, un problème survenu lors de l’emploi d’ammoniac serait le point commun de ces deux sinistres quasi simultanés.

Deux sites en crise pour une seule entreprise en moins de 24 heures. Hier, l’usine des Ponts-de-Cé et l’entrepôt de Saint Nazaire de la société chimique à haut risque AK2 ont presque simultanément “pris feu”. Aux Ponts-de-Cé, l’incendie a déclenché une violente explosion qui s’est produite dans un atelier de l’entreprise chimique. En conséquence, le site est totalement détruit. Ce même jour, peu après 19h, un incendie s’est déclaré dans un entrepôt du même groupe situé dans la zone portuaire de Saint-Nazaire. Rapidement sous contrôle, cet incident n’a fait aucune victime. A contrario, 4 pompiers ont été blessés sur le site des Ponts-de-Cé et l’un d’entre eux est toujours en observation au CHU d’Angers.

 

Les Ponts-de-Cé sous la fumée

Aux Ponts-de-Cé, une fumée irritante est apparue à 13h38 dans un atelier de formulation au sein de l’usine de biochimie. La formulation est une opération industrielle consistant à fabriquer un matériau homogène et stable, en l’occurrence des produits ménagers, notamment à base d’ammoniac. A ce propos, la directrice de l’entreprise Sabine Maldague a pris la parole quant à l’origine du sinistre : “les produits impliqués sont les poudres de l’atelier ainsi que de la vapeur d’ammoniac”. A Saint-Nazaire, la cause du sinistre provient aussi d’un lot d’ammoniac, qui devait être acheminé à l’usine des Ponts-de-Cé le matin même, toujours selon la direction.

 

Un composé chimique remis en cause

Dans un communiqué de presse diffusé à 20h05 ce mercredi 20 juin, l’entreprise AK2 a ordonné le rappel de tous les produits AMMONIX à un niveau national “en vertu du principe de précaution”. Un numéro vert a été mis à disposition pour les consommateurs. Ces derniers doivent se rendre chez le distributeur le plus proche de chez eux afin de déposer le produit, qui pourrait être envisagé comme toxique. En effet, l’ammoniac constitue un des éléments chimiques de ce produit ménager. En parallèle, l’entreprise AK2 a planifié la suppression de l’ensemble des produits par l’entreprise TOXYS, spécialisée dans le traitement des produits toxiques.Le dispositif déployé par AK2 s’étend sur 6 mois.

 

Les salariés de l’usine en chômage technique

Sous ordre de la préfecture, le site des Ponts-de-Cé est désormais sous scellé. Par conséquence, les salariés sont amenés à ne pas venir travailler. Les salaires et autres indemnisations seront assurés. La DRH de l’entreprise des Ponts-de-Cé s’est exprimée à ce sujet en direct ce matin.

 

Une “situation prévisible” pour le groupe AK2 

L’accident des Ponts-de-Cé aurait-il pu être évité? Selon Jean-Marc Durançon, ancien employé de l’entreprise AK2, un problème antérieur avait été identifié lors d’un audit à l’automne dernier de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement, et du Logement) et n’a jamais été solutionné. L’organisme avait imposé des mesures de sécurité pour l’entreprise classée haut risque Seveso mais ces mesures correctives “ne sont pas totalement mises en place voire pas du tout”. Il ajoute : “ pendant les deux dernière années de mon travail, j’ai souvent alerté sur la situation des dangers que l’entreprise encourraient. Cependant, l’entreprise a pris des libertés trop fortes par rapport aux mesures de sécurité demandées”. Selon la DREAL, ce problème devait être résolu pour le 01/09 sous peine de fermeture administrative. Or, l’affaire est restée en suspens.