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Une blogueuse condamnée pour une critique de restaurant

by / Aucun commentaire / 17 Vue(s) / 18 juillet 2014

Aussi incroyable qu’un Boeing qui se fait tirer dessus en survolant l’Ukraine, une blogeuse française vient d’être condamnée pour avoir réalisé une critique jugée trop négative d’un restaurant du Cap-Ferret. Au-delà de cette condamnation, une réelle question liée à la liberté au sens le plus strict du terme se pose. Pour autant, n’oublions pas l’impact qu’à internet sur les personnes et les « lieux ». La réputation en ligne est un enjeu majeur depuis l’avènement du média web. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce sujet brûlant.

Le rappel des faits

Depuis plusieurs années, Caroline Doudet tient, avec soin, un blog nommé « Les Chroniques Culturelles » où elle évoque ses coups de cœur comme ses déceptions en matière de vie quotidienne, d’amour, de lecture ou encore de cinéma. Ce blog n’a donc rien d’exceptionnel si ce n’est qu’il est particulièrement soigné et que les articles sont rédigés avec beaucoup de régularité. Suite à un article où elle donnait son avis sur le restaurant « Il Giordino » situé au Cap-Ferret, elle a été condamnée par la Cour de Justice.

Son erreur n’est pas forcément liée au fait de donner son avis (certes très négatif), mais bien d’avoir été « trop » bien classé par Google. En effet, selon le directeur du restaurant (le plaignant), cet avis qui arrive en 4ème position lorsque l’on recherche des informations à son sujet, a eu un impact direct sur son chiffre d’affaires. En plus d’une pénalité financière en guise de dommages et intérêts, Caroline Doudet a dû retirer son post. Soulignons également que le titre de l’article était franc du collier : « L’endroit à éviter au Cap-Ferret : Il Giordino ».

Une condamnation liberticide ?

Clairement, une telle condamnation n’aurait jamais pu avoir lieu dans bien des pays et notamment aux Etats-Unis où le 1er amendement protège « ceux qui donnent leur avis » (quel qu’il soit). En France, cet acte est donc délictueux…

Il faut également noter que ce restaurant a aussi reçu de nombreuses critiques négatives sur les plateformes dédiées comme Trip Advisor, à ce titre, l’avis de la blogueuse ne sortait pas de la cuisse de Jupiter, et, n’avait rien de personnel (on aurait pu imaginer qu’une histoire personnelle était à l’origine de cette attaque 2.0). Bonne joueuse, Caroline Doudet ne va même pas faire appel afin de s’éviter des semaines supplémentaires d’angoisse.

 

Giardino tripadvisor

Google va donner du travail aux Cours de Justice ?

Suite à cette décision de justice, on peut légitimement se demander si les Cours de Justice ne vont pas dorénavant être assaillies par des demandes de restaurants ou d’hôteliers mécontents d’un avis négatif sur la toile. Cette jurisprudence pourrait faire beaucoup de dégât à la liberté du web.

Enfin, la seule erreur de la blogueuse n’est-elle pas d’avoir trop bien référencé naturellement son site internet au point que ses articles ressortent si bien dans les résultats ? Ou l’erreur vient-elle du restaurateur qui aurait dû se payer une prestation de référencement plus tôt ? Ah, la magie du web…